Halte aux déluges !

Publié le par Paroisse Leguevin

Halte aux déluges !

ANNEE B.   01° Dimanche de Carême. Léguevin.   21 Février 2021

 

Les inondations qui, durant ces dernières semaines, ont atteint plusieurs régiops de France, n'ont évidemment pas l'ampleur du déluge décrit par la Bible. Néanmoins, les populations sinistrées, qui ont vu leurs maisons et leurs biens sous les eaux pendant plusieurs semaines, n'oublieront pas ce désastre. Ils n'oublieront pas non plus les solidarités qui se sont créées pour leur venir en aide...

Les peuples du Proche‑Orient antique avaient, eux aussi, gardé dans leur mémoire collective le souvenir d'une inondation catastrophique « ravageant la terre ». La Bible en a fait le début de l'aventure de l'Alliance, symbolisée par l’arc-en-ciel… marquant  le renouvellement de toute la Création.

 

Noé, homme juste au milieu d'une humanité dévoyée, devient l'instrument d'un « sauvetage » de l'humanité et de la création. Grâce à l'arche, refuge pour lui et sa famille, Noé devient un « nouvel Adam », père d'une humanité nouvelle. Au terme du déluge, l'homme et la création réconciliés seront protégés d'un cataclysme universel. «Aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre.». Les hommes seront libérés de la violence. L'arc‑en‑ciel dans la nuée, « pont » entre le ciel et la terre, sera le signe de la bienveillance de Dieu.

Ni l'alliance avec Abraham, ni l'alliance avec Moise n'ont aboli cette alliance universelle conclue avec Noé. Par contre, elle est renouvelée en Jésus Christ.

 

Effectivement, plus encore que Noé, Jésus est le « dernier Adam, devenu l’être spirituel qui donne la vie » (I° Cor 15,45), chef et initiateur d'une humanité réconciliée avec Dieu, avec elle‑même et avec le monde créé. Cette alliance de salut, nouvelle et éternelle n'est pas réservée à une race ou un peuple ; elle est offerte désormais « aux hommes de tout pays et de toute langue, de toute race et de toute culture » (Prière Eucharistique pour la réconciliation II).

Dans la deuxième lecture, catéchèse de Pierre sur le baptême chrétien, l'apôtre confirme que le « sauvetage » des eaux du déluge est « une figure du baptême qui nous sauve maintenant ». Passant à travers l'eau, nous sommes libérés du péché et de la mort pour une vie nouvelle à la suite du Christ ressuscité. Le bapême chrétien est, en quelque sorte, un « déluge de salut ».

 

Les quarante jours du Carême sont donc un temps pour faire ou refaire alliance avec le Seigneur et ses frères humains. Le temps du Carême, est un « chemin d'alliance, un chemin de paix ».

Si Dieu a promis que le déluge d'eau ne se reproduirait plus, par contre des « déluges » d'un autre type ont ravagé et ravagent encore la terre...

 

  • Le 20° siècle a connu le déluge de fer et de feu des deux guerres mondiales qui ont anéanti des millions d'êtres humains…
  • Dans le même temps des idéologies totalitaires ont fait des milliers de victimes...
  • Aujourd'hui, dans le monde, des conflits armés font chaque jour de nouvelles victimes bien souvent innocentes...
  • Des épidémies de certaines maladies et la pandémie actuelle touchent des millions de personnes…
  • Le chômage et la misère détruisent des centaines de millions d'humains...

 

Tout près de nous, nous côtoyons des « naufragés de la vie » qui « galèrent » au jour le jour dans la maladie, la pauvreté, le manque de reconnaissance sociale et la solitude. Combien affrontent le «déluge» des problèmes familiaux et professionnels qui s'enchaînent à répétition ?

Nous devons être les sauveteurs de nos frères, à l’exemple du Christ. Saisissons, dans le concret de nos vies, l’occasion d’être artisans de paix et solidaires de ceux qui souffrent. Baptisés, nous sommes membres de l’Eglise qui est une « Arche », non pas pour elle-même seulement, mais pour tous les hommes de cette terre.

Publié dans Mot Père Philippe

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article