L’amour contagieux

Publié le par Paroisse Leguevin

L’amour contagieux

ANNEE B   6° Dimanche du Temps Ordinaire    Léguevin.    14 février 2021

La première lecture nous fait le portrait socioreligieux du lépreux, en Israël. « Les yeux seront voilés. Il devra crier sans cesse ‘impur’ pour écarter de sa présence les gens normaux ; il devra habiter hors des lieux fréquentés, porter des vêtements déchirés, avoir les cheveux en désordre ; et surtout, privé de tout droit, il devra se situer hors de toute communauté civile et religieuse. »

 

            Quel contraste entre cette dure et inhumaine législation et la liberté que prend Jésus en touchant le lépreux malgré les interdits. Cette liberté a sa source dans l’amour de Dieu et du prochain, amour sans conditions et sans frontières, tel que l’a révélé et vécu Jésus : l’amour bouscule les règlements.

            Souvenons-nous : Jésus guérira un infirme le jour du sabbat en rappelant d’ailleurs que « le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat » (Marc 2/27). Par amour de son Père, il chassera audacieusement les vendeurs du Temple.

            Usant de cette même liberté, Paul, devant les Corinthiens, justifie sa conduite, dictée par le seul souci de la gloire de Dieu, de l’amour et du respect des personnes. « Ne cherchant pas son intérêt personnel, mais celui de la multitude des hommes », imitant en cela le Christ, il nous demande d’en faire de même.

 

            Quand l’amour n’est plus entravé ni par rien ni par personne, il devient contagieux, comme à l’état pur. Ainsi Jésus n’est pas contaminé par la lèpre, mais c’est lui qui contamine le lépreux en lui redonnant la santé et aussi sa place entière dans la communauté.

            A travers le lépreux, Jésus touche l’humanité entière, l’humanité malade, esclave du péché du monde, atteinte de ce mal incurable. Et voici que cette humanité est contaminée par la vie, la santé et la sainteté de Dieu. La contagion est inversée : elle a joué en sens contraire. La santé met en péril la maladie ; la vie contamine la mort et l’amour contamine la haine.

 

            Dans l’évangile, Jésus guérit un lépreux. Il est aisé de faire le parallèle entre la lèpre des lectures de ce jour et tous les malheurs qui s’abattent sur notre monde : la pandémie, le terrorisme, les catastrophes naturelles, le chômage, les injustices sociales, les exclusions… Nous pouvons aussi nous regarder et passer en revue toutes ces dimensions malades de nos vies qui nous assimilent à un lépreux. Nous sommes invités à renouveler notre regard sur Jésus et à convertir notre attachement à lui. Soyons comme lui « saisis de compassion » qui n’est pas de l’empathie bienveillante, mais une source féconde qui engendre la vie.

 

            Dans l’esprit de la 29° Journée des malades (qui était le Jeudi 11 février) laissons-nous contaminer par cet amour de Jésus afin de mieux répondre aux besoins de ceux que nous côtoyons. Reprenons le Message du Pape François :

            « La proximité est un baume précieux qui apporte soutien et consolation à ceux qui souffrent       dans la maladie. En tant que chrétiens, nous vivons la proximité comme expression de l’amour    de Jésus-Christ, le bon Samaritain qui, avec compassion, s’est fait le prochain de chaque être       humain, blessé par le péché. Unis à lui par l’action de l’Esprit Saint, nous sommes appelés à     être miséricordieux comme le Père et à aimer en particulier nos frères malades, faibles et        souffrants (cf Jn 13/34-35). Et nous vivons cette proximité, non seulement personnellement, mais    aussi sous forme communautaire»

            Ce ministère auprès des malades, des personnes âgées, des plus faibles, des plus vulnérables… n’est pas réservé uniquement au « dévouement et à la générosité » du personnel soignant. Tous et chacun, nous sommes invités à ne pas rester indifférents devant la souffrance, devant ces lèpres actuelles qui touchent nos contemporains

            Une visite, un coup de téléphone, un petit mot … : autant de gestes tout simples pour leur permettre de garder contact. Leur proposer de les emmener à la messe, partager l’Evangile avec eux, leur porter la communion, leur donner le bulletin d’Information du Courbet : autant d’initiatives pour qu’ils soient, malgré tout, présents à la vie de la communauté paroissiale et communale.

            Bref ayons beaucoup de tendresse, « cet amour qui se fait proche… ce mouvement qui part du cœur et arrive aux yeux, aux oreilles, aux mains. »  (Fratelli tutti n° 194)

 

Publié dans Mot Père Philippe

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