La montagne de l’obéissance et de l’écoute !

Publié le par Paroisse Leguevin

La montagne de l’obéissance et de l’écoute !

ANNEE B  /  02ème  Dimanche de Carême  /  Léguevin  /  28 Février 2021

 

On parle souvent du : « sacrifice d’Isaac ». Mais on pourrait tout aussi bien le nommer «  Le sacrifice de notre père Abraham »

            Rappelons-nous. A l’appel de Dieu, Abraham quitte son pays avec une partie de sa famille, et arrive dans le pays de Canaan. Plusieurs fois, Dieu lui promet une nombreuse descendance. « Regarde le ciel, et compte les étoiles si tu le peux… telle sera ta descendance ! » (Gn 15/5) Sarah, sa femme stérile, lui fait alors donner un fils par sa servante Hagar. Mais c’est par Sarah que doit se réaliser la promesse et, contre toute attente, elle finit par mettre au monde Isaac.

 

            Le but, tout à fait humain et légitime, de prolonger sa vie dans sa descendance est maintenant possible pour Abraham. Mais Dieu le met à l’épreuve, nous dit la Bible. En acceptant de sacrifier son fils unique, de « l’offrir en holocauste sur la montagne », Abraham renonce à son désir d’une descendance plus nombreuse que les grains de sable sur la terre. . La tradition chrétienne, quant à elle, voit en cet épisode de l’épreuve d’Abraham, une figure de l’immolation du Christ, Fils unique du Père, « venu non pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » (Mc 10/45)

 

            Faire le deuil de leurs rêves, c’est aussi ce que demande Jésus à ses apôtres. Parcourant avec lui depuis près de trois ans, les chemins de Palestine, ils ont eu le temps de bien le connaître. Alors Jésus leur pose la question de confiance que nous avons entendue, lundi de cette semaine : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? Pour vous, qui suis-je ?  » (Mt 6/ 13-15) Pierre prend alors la parole : « Tu es le Christ, le Fils de Dieu vivant ! » celui qu’annonçaient les prophètes. Mais voilà ! Les juifs attendent un Messie qui délivrera le pays de l’occupation romaine et qui restaurera une royauté temporelle, à la manière du roi David. Illusions que Jésus s’empresse de détruire : le Fils de l’homme souffrira, sera rejeté et mis à mort avant de ressusciter le troisième jour. Pierre proteste, bien sûr, mais Jésus le remet à sa place, avant de préciser les conditions pour être disciple : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive ». (Lc 9/23) Comment les disciples ne seraient-ils pas inquiets, déçus même.

 

            C’est dans ce contexte que s’inscrit le récit de la transfiguration. Jésus prend avec lui les trois apôtres qui lui sont les plus proches et les emmène à l’écart sur une haute montagne. Là, il se trouve revêtu de la gloire divine, en compagnie de Moïse et d’Elie - qui eux aussi avaient rencontré Dieu sur la montagne. Et Dieu, dans la nuée, reconnaît Jésus pour son Fils et le confirme dans sa mission : « Ecoutez-le ! » Pierre voudrait alors installer Jésus là sur la montagne, et peut-être y rester aussi… Mais il faut repartir ! En redescendant, Jésus leur demande de ne pas encore parler de ce qu’ils viennent de voir. Ce n’est qu’après sa résurrection qu’il se révèlera à tous dans sa gloire de Fils de Dieu.

 

            Le Christ transfiguré, nous pouvons le reconnaître aujourd’hui autour de nous :

  • visages fatigués qui s’éclairent à la vue de la personne aimée
  • joie de l’enfant seul que les copains vont chercher pour jouer avec eux
  • étonnement et sourire radieux du balayeur que salue le passant matinal
  • sourire du malade ou de la personne isolée recevant la visite d’un voisin

 

            Autant de signes du Royaume qui est déjà parmi nous et que nous sommes invités à construire. Et pour cela, il suffit de nous laisser guider par l’Esprit Saint ; mais ce ne sera possible qu’avec un cœur libéré. C’est dire qu’il nous faudra, comme Abraham, les Apôtres et le Christ lui-même, répéter « Mon Père, me voici » pour faire non ma volonté mais la tienne (Cf Mt 26/39)

            Et pour répondre à Dieu, il nous est demandé de quitter nos certitudes, de faire un pas dans l’inconnu, le cœur confiant. Seule la confiance est à la base de notre réponse à ce Dieu présent au cœur de notre vie et qui, seconde après seconde, prend soin de nous.

 

            En participant à cette eucharistie où nous reconnaissons dans le pain partagé le visage même de Jésus offert au Père en sacrifice…  oui en participant à cette eucharistie soyons signes à la ressemblance de Dieu, chacun de nous devenant « Fils bien-aimé » que Dieu demande d’écouter !

Publié dans Mot Père Philippe

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